Paul Nougé / On ne dormira jamais

Posted on August 21, 2014 by

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p1(Paul Nougé, The Juggler, de la série “La subversion des images” c. 1929-1930)

Tout est près. Les pires conditions matérielles sont excellentes. Les bois sont blancs ou noirs. On ne dormira jamais. – André Breton, Manifeste du surréalisme, 1924

Paul Nougé (1895-1967), a fost poet și fotograf dar și membru fondator al partidului comunist din Belgia în 1921. A făcut parte dintr-un grup care va reprezenta cercul suprarealist de la Bruxelles, căruia, pare-se i-ar fi devenit leader.

 

paul(din La publicité transfigurée)

Iată portretul lui Nougé realizat de Magritte:

nouge“If words allow themselves to be handled, it is with the help of infinite carefulness. One has to welcome them, listen to the, before asking any service of them. Words are living things closely involved with human life.”
Paul Nougé

paul2Din “La Subversion des Images”:

subv

  •  p. 13-14.

Quel sentiment, quelle réaction peut provoquer en nous un éventail, une boîte d’allumettes, un peigne, un mouchoir, un oiseau, une éponge, etc. ?
Quel effet peut avoir sur nous le spectacle de cette réaction particulière dont la photographie par exemple peut nous offrir le témoignage ?
Pour le spectateur, quelle conséquence peut avoir le spectacle d’une femme terrorisée par un nœud de ficelle ?
[…]
À quelle proposition, à quel ordre de faits se rattache la « femme terrorisée par une ficelle », l’effet exceptionnel provoqué par un objet familier ?
Il s’agit ici des rapports anormaux que peut entretenir un être humain avec un objet inanimé.

 

p3-Paul Nougé, “Femme effrayée par une ficelle” from La Subversion des images, (1929-1930)

La Subversion des images conținea 19 imagini realizate între 1929-1930, însoțite de note,  publicate de Marcel Mariën în 1968.

Recomandăm: http://textyles.revues.org/2350

p2auroraweblog-bdsmou-pas-2-et-fin-la-subversion-des-images-1393689228_orgpaul nouge

(Les Voyantes)

“Il y a une légende Nougé. Elle tient à ce nom qu’on connaît, Paul Nougé, que l’on cite dans tous les milieux littéraires, dont on dit : Ah oui, Paul Nougé, ce fabuleux poète, ce grand théoricien du surréalisme. Je ne l’ai jamais lu. Mais personne, ou presque personne, n’a lu Paul Nougé. C’est là que la légende rejoint le mystère. Paul Nougé, considéré par André Breton comme l’égal des grands, ami personnel de Francis Ponge, René Magritte, etc.. qui l’estimaient au premier rang, na jamais songé à se faire publier. Parfois, l’amité lui arrachait, avec grand effort, un texte édité dans quelque revue confidentielle.
Mais ce merveilleux ouvrier du vers, ce poète admirablement doué poussait le surréalisme jusqu’à sa plus ultime visée : la ruine de la littérature et l’anéantissement de son oeuvre personnelle.” (Robert Georgin)

Bras(Le bras révélateur)

paulnouge(La naissance de l’objet)

RÉFLEXIONS À VOIX BASSE – PAUL NOUGÉ

La défiance que nous inspire l’écriture ne laisse pas de se mêler d’une façon curieuse au sentiment des vertus qu’il faut bien lui reconnaître. Il n’est pas douteux qu’elle ne possède une aptitude singulière à nous maintenir dans cette zone fertile en dangers, en périls renouvelés, la seule où nous puissions espérer de vivre.
L’état de guerre sans issue qu’il importe d’entretenir en nous, autour de nous, l’on constate tous les jours de quelle manière elle le peut garantir.
Nous lui devons d’éprouver l’extrême de la tentation, certains moyens aussi de la mettre en échec.
Ce tour précaire, cette démarche équivoque, une sournoise humilité, — est-il d’autre raison de lui être fidèle ?
…L’on peut faire en sorte de croire ici à un abus de confiance, aux cruautés habituelles du langage naïvement sollicité.
L’on imaginerait la venue d’un doute essentiel, et que l’on se veuille palper comme un objet pour s’assurer de sa propre existence. Il faut alors qu’émergent les intentions les plus secrètes, que se définissent de précieuses incertitudes. . l’on se rassure doucement, si l’on avance en soi comme dans un monde de formes et de couleurs immobiles. Il n’en est plus bientôt qui ne se doivent reconnaître. L’on s’arrête enfin lorsque tout est nommé, que l’on peut se relire comme une page d’écriture.
Si le drame que l’on soupçonnait franchit ces lèvres obstinément serrées, s’il en vient à se dénouer dans la clarté trompeuse des confessions sans réticences, comment alors ne pas s’émouvoir ?
Pareille surprise du langage, il semble qu’intervienne une habitude mal conjurée.
Nous faudrait-il songer à l’audace malheureuse, aux révoltes sans lendemain ?
« Les mots sont sujets à se grouper selon des affinités particulières, lesquelles ont généralement pour effet de leur faire recréer le monde sur son vieux modèle. »
Une semblable clairvoyance demeure sans doute le gage de quelque rupture profonde, imprévisible.
nouge2(Ideile n-au miros/Ideas don’t smell)

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